Le désherbant du garage n'est plus en vente, le vinaigre blanc ne marche qu'à moitié, et l'herbe revient entre les pavés trois semaines après. Bonne nouvelle : une allée se tient propre sans produit. Il faut seulement changer de logique et empêcher l'herbe de s'installer plutôt que de la brûler une fois qu'elle est là.

Ce qui est interdit, et depuis quand

Depuis le 1er janvier 2019, un particulier n'a plus le droit d'acheter, de stocker ni d'utiliser des produits phytopharmaceutiques de synthèse dans son jardin, sur sa terrasse ou dans son allée. C'est la loi Labbé, renforcée par la loi de transition énergétique. Depuis le 1er juillet 2022, la même interdiction vaut pour les professionnels qui interviennent dans les propriétés privées d'habitation, les copropriétés, les campings ou les jardins familiaux. Un paysagiste ne peut donc pas non plus passer un désherbant chimique dans votre allée.

Restent autorisés les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique, à condition qu'ils portent la mention EAJ (emploi autorisé dans les jardins). Les vieux bidons qui traînent au garage se rapportent en déchèterie, au point de collecte des déchets diffus spécifiques.

Et le vinaigre, le sel, la javel ?

Aucun des trois n'est homologué comme désherbant. Les utiliser pour tuer l'herbe revient à employer un produit sans autorisation pour cet usage, donc ce n'est pas permis. Et ce n'est pas qu'une question de principe : le sel stérilise le sol pour des années et finit dans les massifs voisins avec la pluie, la javel part au réseau pluvial, et le vinaigre ne brûle que les feuilles. Les racines du pissenlit ou du chiendent repartent sans problème.

Ne mélangez jamais vinaigre et javel. Le mélange dégage un gaz irritant pour les voies respiratoires. C'est un des « trucs de grand-mère » qui circulent encore, et il est dangereux.

Pourquoi l'herbe pousse dans l'allée

Une graine qui germe entre deux pavés a besoin de trois choses : un peu de terre, de l'humidité et de la lumière. Les joints en sable s'enrichissent chaque année de poussière, de feuilles broyées et de mousse décomposée : au bout de quelques saisons, ce n'est plus du sable, c'est du terreau. Dans une allée de gravier, c'est la même chose par en dessous, quand le gravier s'est mélangé à la terre.

Tant que ce terreau est là, l'herbe reviendra, quelle que soit la méthode. Le vrai désherbage durable, c'est de le retirer.

Les méthodes qui marchent

MéthodeEfficacitéPour quoi
Couteau à désherber, crochet à jointsTrès bonne, racine comprisePavés, dalles, petites surfaces
Brosse rotative (désherbeur mécanique)Bonne, vide le jointGrandes surfaces pavées
Eau bouillanteMoyenne, à renouvelerJeunes pousses, joints étroits
Désherbeur thermiqueMoyenne, feuilles seulementAnnuelles en début de pousse
Produit de biocontrôle EAJMoyenne, feuilles seulementEn appoint, sur jeunes adventices
Râteau et binetteBonne si régulièreAllées de gravier

L'arrachage, encore et toujours

Ce n'est pas la réponse qu'on espère, mais c'est la plus efficace. Un couteau à désherber retire la plante avec sa racine, et vide le joint au passage. Faites-le sur un sol humide, le lendemain d'une pluie : tout vient d'un coup. Sur une grande terrasse, une brosse rotative fait le même travail en dix fois moins de temps.

La chaleur : eau bouillante et désherbeur thermique

L'eau de cuisson des pâtes ou des pommes de terre, versée bouillante sur un joint, détruit les jeunes pousses. Le désherbeur thermique, à flamme ou à infrarouge, fait éclater les cellules des feuilles : inutile de carboniser la plante, quelques secondes suffisent, elle flétrit dans la journée. Les deux ont la même limite : ils n'atteignent pas les racines profondes, et il faut repasser.

Une précaution qui compte ici plus qu'ailleurs : les haies de thuyas brûlent très bien, surtout en fin d'été. Pas de flamme à moins d'un mètre d'une haie de conifères, ni sur de l'herbe sèche.

Le cas particulier de l'allée de gravier

Une allée de gravier qui se couvre d'herbe a presque toujours le même défaut : pas assez de gravier, ou pas de séparation avec la terre. En dessous de 5 centimètres d'épaisseur, la terre remonte et les graines trouvent de quoi germer.

  • Un géotextile entre la terre et le gravier empêche les deux de se mélanger. Il laisse passer l'eau, pas les racines venues du dessous.
  • 5 à 8 cm de gravier au-dessus. Moins, l'herbe passe. Plus, on s'enfonce en marchant.
  • Un coup de râteau régulier déracine les germinations avant qu'elles s'installent. C'est cinq minutes, et ça évite des heures de désherbage en juin.
  • Des bordures nettes, qui empêchent la pelouse et la terre des massifs de déborder dans l'allée.

Quand une allée est trop envahie, il vaut souvent mieux la refaire : retirer le gravier sale, poser le géotextile, recharger. C'est une journée de travail, et elle reste propre des années.

Entre les pavés : refaire les joints

Une fois les joints vidés de leur terreau, à la brosse ou au jet, il faut les regarnir, sinon l'herbe revient au même endroit. Un sable polymère durcit à l'humidité et empêche les graines de s'installer, tout en restant perméable. Les joints ne doivent pas être cimentés : une allée qui ne draine plus gonfle et se soulève au premier gel.

Le nettoyage haute pression et le désherbage se font d'ailleurs dans la foulée l'un de l'autre : on vide les joints, on nettoie, on regarnit. La méthode et les pressions par matériau sont dans nettoyer une terrasse au nettoyeur haute pression.

Le bon calendrier dans le Haut-Doubs

  • Avril-mai : le passage qui compte. Les jeunes pousses partent d'un coup de couteau ou de désherbeur thermique.
  • Juin-juillet : un ou deux passages légers, avant que les plantes montent à graine.
  • Septembre : un dernier passage, et c'est le bon moment pour refaire les joints ou recharger une allée avant l'hiver.

Une plante qui a fait ses graines en août, c'est des centaines de pousses au printemps suivant. Le passage de juillet est le plus rentable de l'année.

À retenir

  • Désherbants de synthèse interdits aux particuliers depuis 2019, et aux pros dans les jardins privés depuis juillet 2022.
  • Vinaigre, sel, javel : non homologués, et nuisibles pour le sol.
  • L'herbe pousse dans le terreau des joints : c'est lui qu'il faut retirer.
  • Arrachage au couteau, brosse rotative, chaleur en appoint.
  • Gravier : géotextile et 5 à 8 cm d'épaisseur.
  • Pavés : joints vidés puis regarnis au sable polymère, jamais au ciment.
  • Le passage de juillet, avant les graines, vaut tous les autres.

Le désherbage des allées, des seuils et du pied des murs fait partie de nos passages d'entretien à Pontarlier et dans le Haut-Doubs, tout comme le nettoyage des terrasses et la reprise des joints. Détail des prestations : entretien de jardin et nettoyage haute pression.

Sources

  • Loi n° 2014-110 du 6 février 2014 (loi Labbé), modifiée par l'article 68 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique — interdiction pour les particuliers, depuis le 1er janvier 2019, d'acheter, d'utiliser et de stocker des produits phytopharmaceutiques de synthèse ; maintien des produits de biocontrôle, à faible risque et utilisables en agriculture biologique (mention EAJ). Synthèse de la DRAAF Centre-Val de Loire, « 1er janvier 2019 : du nouveau pour les particuliers ».
  • Arrêté du 15 janvier 2021 relatif aux mesures de protection des personnes lors de l'utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les propriétés privées, les lieux fréquentés par le public et les lieux à usage collectif — extension de l'interdiction au 1er juillet 2022.
  • Code rural et de la pêche maritime, article L. 253-1 — obligation d'autorisation de mise sur le marché pour tout produit utilisé comme produit phytopharmaceutique.

Rédigé par l'équipe Hoerter Paysagiste, paysagiste à Pontarlier. Une question sur votre situation ? Écrivez-nous ou appelez le 06 84 57 70 18.